Séjour Maroc – Le Carnet de voyage d’Aurélia

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Maroc 14 – 21 novembre 2015

Avec Patrick Gaillard, Sylvain Sertori, Lionel Lopez, Nadège Gry, Arnaud Turpin, Luc Martin, Florent Olivier, Brice Bénet et Aurélia Benureau.

J1 – Samedi 14 novembre – Marrakech / Aguergour

Départ pas facile. On avait regardé les infos une partie de la nuit, on parlait de fermeture des frontières, on se demandait si ça avait un sens de partir faire du parapente au Maroc alors qu’il se passait des choses terribles à Paris.

Rendez-vous à la gare routière de Clermont-L’Hérault, direction l’aéroport de Marseille. Les frontières étaient ouvertes et on a pris l’avion de 10h50. Arrivée à Marrakech, quelques coups de fils et puis Michel, le père d’Erwan/Airone (héhé), est arrivé. Il a laissé à l’aéroport quelques Millavois qui rentraient en France et nous a déposés en centre-ville de Marrakech.

Nous on voulait voler mais on n’a pas eu tellement le choix, c’était tourisme, shopping, serpents, henné, huile d’argan et thé à la menthe en terrasse. Et en fait, c’était super sympa.

Arrivée à Aguergour sur les coups de 20h : il faut imaginer une étendue type steppe, avec quelques montagnes pas loin, et trois bâtiments plats, couleur ocre, qui se fondent dans le paysage : les maisons de Latifa, d’Ahmed et d’Abdou. Le drapeau marocain flotte sur celui de Latifa où nous dormons. Tableaux de femmes berbères aux murs, lampes ajourées, céramiques, carrelage aux jolies arabesques, canapés colorés aux multiples coussins, et des sacs de parapente un peu partout.

La cuisine de Latifa on nous en avait parlé dès Marseille par un parapentiste rencontré par hasard à l’aéroport, rien que pour manger là j’aurais fait le trajet je crois.

On rencontre les Millavois qui restent : Michel, Richard, Claude et PH. Première soirée à manger du couscous en buvant du vin rouge marocain : Michel jure toutes les cinq minutes, Richard raconte des bêtises, Patrick rigole en mangeant végétarien et on renverse la moitié du thé à la menthe en tentant de le servir à la marocaine.

Et puis on va se coucher parce que demain, on vole !

 J2 – Dimanche 15 novembre – Aguergour

A 9h on est au taquet. Ptit dej pantagruélique pris, on est sur les starting blok.

Erwan n’est pas là. Erwan il dort chez lui et chez lui c’est à une heure d’ici, alors on attend qu’il arrive pour savoir ce que l’on fait. On a très envie de voler mais Brice le prend cool, il dit que « c’est appréciable de s’ennuyer parfois ». C’est vrai qu’on relâche la pression, on discute, on profite du lieu exceptionnel.

Quand Erwan arrive il est 10h, il dit qu’il va nous faire un cours théorique sur le secours, heureusement que le groupe est cool parce qu’on n’était vraiment pas dans l’esprit, mais il paraît que de toutes façons « ce n’est pas installé ».

On arrive en haut de la montagne il est midi, et le vent est trop fort. Seule consolation, certains sont montés tôt ce matin et n’ont pas encore décollé, paraît qu’il n’y avait pas assez de vent.

Erwan a décollé avec le bi, avec une fille qui venait pour la journée, de Marrakech, juste faire du biplace. Jessie. Finalement elle est restée toute la semaine… Sacré Erwan.

Luc a tenté de décoller sans succès, ça soufflait vraiment. On est restés au déco, on a mangé dans le ptit bouiboui du sommet, on a fait la sieste au soleil, on a écouté le vent, regardé les nuages et guetté les risées sur le lac au loin pour ne pas louper un décollage éventuel.

Vol 1 : On a fini par décoller vers 15h, 15h30. C’était vraiment, vraiment top. Soaring sur une longue falaise, paysages à couper le souffle, restit ‘, touch and go pour certains, entre une et deux heures en l’air.

On a atterri en bas près de la maison d’Ahmed. Michel avait centré la cible par un freesbee vert. On est quelques-uns à avoir atterri juste parce qu’on avait froid. Puis un peu de gonflage au sol pour les plus motivés.

On a plié à la tombée de la nuit.

J3 – Lundi 16 novembre – Aguergour / M’Zouda

Erwan arrive à 10h, comme la veille.

Bon.

Direction M’Zouda, un site dans l’Atlas, à une petite heure et demi de route.

Vol 2 : C’était censé être un site à thermiques, un truc où on reste des heures en l’air. Luc se lance en premier et il ne tient pas des masses. On se lance tous, petit à petit.

Confirmation, ça ne tient pas des masses. 15 minutes en l’air. Mais 15 minutes d’un vol magnifique dans un paysage majestueux.

Atterro dans l’oued, lit de rivière rocailleux et asséché, près d’un atelier de poterie qui fabrique des plats à tajines. Des gamins se précipitent à notre rencontre pour nous aider à plier et nous extorquer quelques dirhams. Il fait beau…

Puis Erwan met un ptit coup de pression dans la radio, si on veut faire un deuxième vol faut qu’on se bouge pour rentrer sur Aguergour, ça vole là-bas.

Dans le camion au retour, Brice n’y croyait pas. Il disait, si par miracle on arrive à Aguergour avant la tombée de la nuit, on fera un plouf.

On est arrivés à Aguergour un peu avant la tombée de la nuit. Le camion nous a déposés en haut de la route, il reste 10 minutes de marche dans la montagne, les 4×4 ont pris les voiles et nous on est montés à pied, au pas de course. Dur mais bonne motivation, celle du vol du soir.

Vol 3 : On a décollé au moment où le soleil se couchait. Une bonne demi-heure en l’air. Crépuscule puis nuit, Marrakech au loin qui scintille de mille feux. Le soleil était couché mais ça tenait, pardi. On était beaucoup tout de même à voler ce soir-là, il y a eu quelques refus de priorité, un vrai western, tout le monde voulait s’accrocher au relief, main droite ou pas.

C’était bien quand même. Féérique.

Luc a posé au sommet juste pour retirer ses lunettes de soleil (super dangereux de voler de nuit avec des lunettes de soleil), moi j’ai réussi à les retirer en l’air et à les glisser dans ma doudoune. On a fini par aller à l’atterro parce qu’il faisait vraiment noir (heureusement que j’ai suivi quelqu’un, déjà que l’atterro moi j’ai du mal à le trouver en plein jour, alors de nuit…), et on a plié à la frontale (enfin, à la lumière des smartphone et des phares des voitures).

J4 – Mardi 17 novembre – Nid d’Aigle (au Sud d’Agadir)

6 heures de route tout de même pour descendre sur la côte.

Ça valait le coup.

Le Nid d’Aigle c’est pas très loin de la mer, une ptite « falaise » de 200m de haut, il paraît que quand ça monte bien on peut atterrir sur la plage. Aujourd’hui c’est pas trop le cas, mais il y a moyen de se faire plaisir quand même.

Vol 4 : Magique. Soaring près de la pente, on survole la route qui escalade la côte, on croise les voitures, les jeunes du coin font des démos de wagga impressionnantes. Ils n’ont peur de rien, même pas de frôler les cactus pourtant pas très accueillants pour se dégager d’un coup de sellette au dernier moment. 20 minutes en l’air, atterro sur une cible dessinée au sol.

Vol 5, 6, 7 : La même en plus court, ça tenait moins, mais c’était top. Un anglais a trouvé le moyen de se vacher dans les cactus, bien à gauche du déco. Un bon moment pour en sortir. Un jeune du coin, Mustapha, a même fini par aller le retrouver (et atterrir dans les cactus aussi !) pour vérifier qu’il ne s’était pas fait mal. Au final, juste quelques égratinures.

Remonter à deux dans un camion pour 16, la voile en bouchon, remonter en stop avec les jeunes du coin dans un nuage de weed à cinq avec les parapentes dans une voiture citadine, remonter en 4×4 en croisant des parapentistes imprudents (le chauffeur, Aziz : « J’m’en fous moi. Ils ont leur assurance, j’ai la mienne. Z’ont qu’à pas être sur la route »). Fous rires.

Le soleil se couchait quand on est repartis. On s’est arrêtés prendre des photos… Moments de grâce.

J5 – Mercredi 18 novembre – Legzira

Là non plus on n’est pas au bord de l’eau au déco mais l’atterro, lui, il est sur la plage. Il y a un long plateau qu’il faut réussir à passer avant de terminer sur le sable. Briefing d’Erwan : dès qu’on ne tient plus, on fonce sur l’atterro, car sinon on finit sur le plateau, et on ne viendra pas nous chercher !

Vol 8 : Luc se lance bon premier, comme d’hab, il tente de gratter un peu, et se fait enterrer. On espère tous qu’il finira sur le plateau et paiera l’apéro mais finalement il arrive de justesse sur la plage. Erwan se lance puis nous tous, moi en finesse avec ma Golden j’étais à peine large pour atteindre la plage mais Sylvain doit atterrir un petit peu plus haut, sur un parking. Atterrissage dans le sable pour les autres, théoriquement sur une cible dessinée au râteau, devant la ptite paillotte où on a commandé le déjeuner. Le deal c’est si tu atterris au milieu de la cible (mais vraiment au milieu, hein), tu as un verre offert. Bon, il n’y a pas d’alcool…

Vol 9 : Tout juste le temps d’en refaire un ptit avant de déjeuner. Remontée en 4×4, le bus là non plus ne passe pas, on fait des tours de navette. Je remonte dans la benne à l’arrière entre les voiles… Il est midi et ça secoue un peu en l’air, je suis ravie, de voler, d’être là, qu’il fasse beau, je me prends des bons shoots et Erwan m’engueule à la radio en me disant de tenir mon aile. Pendant ce temps Brice galère à décoller et Arnaud fait des acrobaties pour atterrir sur la cible. Lionel atterrit sur les fesses à force de tendre les jambes pour l’atteindre, mais il est quand même trop court ! On finit par arriver en bas juste quand Richard et Jessie sortent de l’eau. Finalement Brice fait la cible avec classe et commande un coca qu’on lui envie tous tellement il fait chaud. On plie à toute vitesse et on fonce se baigner dans les vagues, le temps de piquer une tête avant le poisson grillé et le tajine de poulpe…

Vol 10 : Milieu d’après-midi, ça ne tenait déjà plus. Plouf amélioré, mais le paysage et la plage compensent largement l’absence de vent.

Vol 11 : Ça tourne nord alors on décide d’un commun accord de tenter du soaring sur l’Arche qui se trouve à gauche du déco, une avancée sur la mer qui ressemble à Etretat. On décolle et on fonce tous dessus mais le soleil est déjà bas et il est difficile d’arracher quelques allers-retours en soaring au-dessus. Je me pose sur l’Arche le temps de prendre quelques photos de Michel avec le soleil bas sur l’horizon, Brice me rejoint en soaring et fait quelques touch and go. Je redécolle non sans peine, un peu seule et un peu flippée mais finalement pas trop mal. Atterrissage sur la plage, qui au final est assez loin du point d’aboutissement théorique, près du restau : on est quelques-uns à le rejoindre en gonflage, long trajet sur la plage au coucher du soleil avec la voile au-dessus. Instants magiques ; pliage de nuit et retour à l’hôtel.

J6 – Jeudi 19 novembre – Legzira

On nous avait dit que ça ne volerait pas le matin alors on est allés à la plage. Une bonne marche improbable aux multiples détours sur un sol caillouteux pour dénicher une adorable crique avec des cabanes de pêcheurs. On s’est baignés dans les vagues, et on a presque eu le temps de chiller avant de rentrer. Rendez-vous à midi à l’hôtel pour aller voler.

Résultat, arrivée à 13h à La Ferme, décollage situé un peu plus haut, et il y avait trop de vent.

Enfin ça n’a pas empêché Erwan de décoller, ni Arnaud, ni Luc, ni Pat. Pat et Erwan en toute élégance. Luc en s’y prenant à deux reprises. Arnaud aidé par Florent et Richard. Mais en l’air ça avait l’air bien. Les autres, on est restés en bas, au soleil, calés contre nos parapentes à prendre des photos et à profiter de l’instant…

Ceux qui volaient ont pu s’amuser en soaring, Pat en venant discuter à un mètre au-dessus du sol en mode fakir, Erwan en faisant des touch and go sur les épaules de Brice…

Puis ils ont replié et on a filé sur l’Arche parce que ça tournait un peu nord et c’était sacrément moins haut, donc on espérait moins venté.

Vol 12 : Au final ça soufflait pas mal quand même. Les seuls à décoller étaient Arnaud (classe), puis Erwan en biplace avec moi (un 3.6 engagé à 100m sol ça fait des papillons dans le ventre), puis Luc, Patrick et enfin tous les autres. On est restés une bonne heure en l’air (un peu plus pour certains), jusqu’au coucher du soleil et même un peu après. La vue de là-haut, c’était juste incroyable…

Atterrissage sur la plage et pliage de nuit à nouveau.

Shopping de fin de journée pour Brice et moi, multiples achats qui nous font louper le dîner, au final il restait un fond de tajine aux raisins secs et heureusement parce que c’était trop bon.

J7 – Vendredi 20 novembre – Aguergour

6 heures de route au retour, l’ambiance était un peu moins enthousiaste qu’à l’aller mais Pat continuait à faire des blagues avec Aziz et Michel continuait à rigoler au fond du bus.

Sitôt arrivés, on a a déposé nos affaires chez Latifa et on est montés au déco.

Vol 13 : Bonnes conditions, ça tenait en l’air, c’était chouette. Fin de journée. Un peu de vent tout de même, Nadège se fait arracher en tentant de décoller dos voile, résultat un bon étirement de la coiffe des rotateurs de l’épaule droite, et pas de vol… Heureusement que c’était le dernier jour.

J’atterris au sommet pour lui jeter un œil, créer une écharpe de fortune, trouver des antiinflammatoires et je redécolle.

Vol 14 : Dernier vol de la semaine, ça ne tenait déjà plus, juste quinze minutes en l’air, et atterrissage près de chez Ahmed.

Direction Marrakech. Dernier couscous, dernière bière, hôtel et lever 3 heures du matin… enfin pour tout le monde sauf pour moi. Je suis restée… retour à Aguergour pour quelques jours de sursis.

Au final et pour conclure, c’était une semaine riche en vols variés, en paysages fantastiques, en rencontres multiples, en plaisirs culinaires et une belle progression pour chacun d’entre nous, je crois.

Merci à Pat qui a réussi la prouesse de ne pas s’énerver de toute la semaine, merci à Erwan de nous avoir fait découvrir tous ces sites et pour son bienveillant encadrement. Merci à Latifa pour ses repas délicieux, aux garçons (Hakim et Hossein) pour leur aide pour le gonflage et les thés à la menthe. Merci à Yvon et à Aziz pour les navettes, merci à Jessie d’avoir enrichi notre séjour d’une touche anglophone. Merci surtout aux Millavois pour leur bonne humeur et leur gentillesse, les discussions interminables sur les vieilles motos, les florilèges d’insanités et les soirées arrosées.

Merci enfin à toute l’équipe, l’ambiance était formidable, vous avez tous été adorables, et on a su recréer cette ambiance si particulière à Cultur’Aile, mélange de spontanéité, d’entraide et de bonheur partagé. A refaire… en Inde en février 2017 ?

Aurélia  ( Texte)

Les vidéos de Arnaud:

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